La femme noire n’est pas forte par défaut.

Publié le 02 février 2026 — par Team_Kanfura 22 lectures 0 réactions

Elle l’est devenue.

On dit souvent de la femme noire qu’elle est forte.

On le dit avec admiration.
On le dit comme un hommage.
On le dit parfois pour se rassurer.

Mais derrière ce mot — forte
il y a une histoire que l’on ne raconte pas.

La femme noire n’est pas née forte.
Elle l’est devenue.
À force de tenir.
À force de traverser.
À force d’apprendre très tôt qu’il fallait continuer, même quand personne ne regardait.

 

La force comme héritage imposé

La force n’a jamais été un choix.
Elle a été une condition.

Une posture apprise dans l’urgence.
Un réflexe transmis sans manuel.
Un héritage silencieux.

Nos mères ne nous ont pas appris à être fortes.
Elles nous ont montré comment survivre quand la douceur n’était pas une option.

Alors nous avons appris à ne pas plier.
À ne pas demander.
À ne pas attendre.

 

La fatigue qui ne se voit pas

Il existe une fatigue que le sommeil ne suffit pas à réparer.
Une fatigue ancienne.
Accumulée.
Ancrée dans le corps.

Fatigue de devoir se justifier.
Fatigue de devoir se montrer irréprochable.
Fatigue de devoir être tout à la fois : stable, rassurante, performante, digne.

Cette fatigue n’est pas un échec.
Elle est le résultat d’une endurance constante.

 

⫷⫸ Quand la douceur devient un risque

La douceur, chez la femme noire, a souvent été perçue comme une faille.
Quelque chose qu’il fallait dissimuler.
Contrôler.
Endurcir.

On a appris à se tenir droite.
À parler juste ce qu’il faut.
À ne pas trop montrer.

Mais la douceur n’est pas une faiblesse.
Elle est une mémoire enfouie.
Un espace que le corps réclame quand la vigilance devient trop lourde.

 

Le corps, lieu de toutes les retenues

Le corps de la femme noire a longtemps été observé, commenté, évalué.
Rarement écouté.

Les cheveux disciplinés.
La peau surveillée.
Les gestes contrôlés.

On a demandé au corps de s’adapter avant de lui demander comment il allait.
Et il s’est adapté.
Encore et encore.

 

Le silence comme stratégie

Le silence a souvent été une protection.
Une manière de tenir sans exposer ses failles.
Une manière de continuer sans alerter.

Mais le silence accumulé devient un poids.
Il s’installe dans les épaules.
Dans la nuque.
Dans le souffle court.

 

Revenir à soi sans justification

Il arrive un moment où la survie ne suffit plus.
Un moment où l’on ne cherche plus à prouver,
mais à ressentir.

Ce retour à soi ne fait pas de bruit.
Il ne se proclame pas.
Il se vit.

C’est un mouvement intérieur.
Lent.
Profond.

 

Le droit à la lenteur

La lenteur a longtemps été refusée aux femmes noires.
Toujours sollicitées.
Toujours nécessaires.
Toujours disponibles.

Choisir la lenteur, c’est poser une limite invisible.
C’est dire sans mots : je ne me sacrifie plus.

La lenteur n’est pas un abandon.
C’est une reconquête.

 

 

⫷⫸ Se déposer, enfin

Se déposer, ce n’est pas renoncer.
C’est relâcher ce qui n’a plus besoin d’être porté.

C’est écouter son corps avant qu’il ne crie.
C’est reconnaître sa fatigue sans honte.
C’est accepter que la force puisse se reposer.

 

 

La fin d’une injonction

La femme noire n’a pas à être forte en permanence.
Elle a le droit d’être fatiguée.
De douter.
De ralentir.

Elle a le droit de vivre sans armure.
Sans justification.
Sans performance.

 

Questions de racines

Ce texte n’est ni un jugement, ni un manifeste.
Il est une observation.

Un rappel simple :
ce que l’on appelle “force” est parfois un nom poli donné à l’endurance.

Et si elles ne demandaient plus comment rester fortes,
mais comment redevenir entières ?

Que reste-t-il d’elles, de nous,
lorsque la force n’est plus une obligation
mais un choix ?

« Chez Kanfura, chaque soin raconte une histoire.
Une histoire de beauté, de mémoire et de durée africaine. »

 


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