Ce que l’Occident appelle « routine », l’Afrique l’appelait « présence ».

Publié le 21 décembre 2025 — par Team_Kanfura 83 lectures 0 réactions


Avant que les gestes ne soient découpés en étapes, chronométrés, répétés à l’identique, il existait un autre rapport au soin. Un rapport sans tableau, sans promesse, sans objectif à atteindre. Le soin ne cherchait pas à s’installer dans l’agenda : il arrivait quand le corps appelait. On n’y entrait pas par discipline, mais par attention. Et dans cette attention, quelque chose se répare doucement : le lien entre soi, la matière, et le moment.

 

Là où naît le geste : écouter avant de faire

Il y a une différence silencieuse entre faire un soin et répondre à un besoin. La routine, telle qu’on la vit souvent aujourd’hui, aime les calendriers, les séries, les “jours de”, les listes qui rassurent. Elle donne une structure, oui. Elle aide à ne pas oublier. Elle offre un cadre.

Mais dans beaucoup de traditions africaines, le soin ne commence pas par une règle. Il commence par un signe. Une peau qui tire sous l’harmattan. Des longueurs qui se froissent comme un tissu sec. Un cuir chevelu qui demande plus de douceur. Une fatigue qui s’accumule et qui se voit dans la manière de se toucher.

Alors on ralentit. On observe. On choisit. Et parfois… on ne fait rien. Parce que le corps n’a rien demandé. Parce qu’il y a des jours où la meilleure réponse est la simplicité : laisser respirer, laisser être.

 

⫷⫸ De la matière au rituel : quand la transformation est un murmure

La présence, ce n’est pas un grand mot spirituel. C’est un état concret : des mains disponibles. Un esprit qui ne court pas ailleurs. Un geste qui ne se précipite pas. La transformation, ici, n’est pas spectaculaire : elle est douce, presque invisible, comme la buée sur un bol tiède.

La matière aussi raconte cette différence. Une huile réchauffée entre les paumes n’est pas la même huile versée à la va-vite. Une pâte végétale mélangée lentement n’a pas le même goût sensoriel qu’un produit appliqué par automatisme. Dans la présence, la texture devient langage. Le parfum devient repère. La peau devient réponse.

Et surtout : la présence n’impose pas. Elle propose. Elle dit : “Je suis là. Je t’écoute.”

 

Cheveux texturés : une mémoire qui ne se dompte pas

Pour les cheveux texturés, cette nuance est précieuse. Parce qu’ils vivent, changent, se contractent, s’ouvrent, se ferment, réagissent à l’air, à l’eau, à la saison, à l’émotion. Vouloir leur appliquer la même chose, au même rythme, de la même manière, peut parfois devenir une forme de rigidité.

La présence invite à une autre question, plus simple et plus juste : “Comment ils se sentent aujourd’hui ?” Est-ce un jour de glissant et de douceur ? Un jour de protection ? Un jour où l’on a besoin de rien, sinon d’un foulard, d’une tresse, d’un repos ?

Dans les récits des foyers, le soin capillaire était souvent un moment relationnel : on tresse, on masse, on huile, on parle peu, on rit parfois. Les doigts dessinent des chemins. Le cuir chevelu se détend. Ce n’est pas une “routine”. C’est un moment habité.

 

Peau : l’art de nourrir sans corriger

La peau aussi souffre quand le soin devient correction. Quand il devient une lutte contre un défaut imaginaire. La présence, elle, ne corrige pas : elle soutient. Elle accompagne la peau comme on accompagne une saison : sans la juger, en l’aidant à traverser.

Une peau peut avoir besoin de protection, puis de légèreté. De silence, puis d’un massage long. Elle peut changer avec le cycle, le stress, l’environnement. Dans beaucoup de cultures, on a appris cela sans mots techniques : on le sentait. On le voyait. On ajustait.

La présence remet le corps au centre. Elle le traite comme un territoire vivant, pas comme une surface à “optimiser”.

 

Ce que la routine moderne a apporté… et ce qu’elle a parfois volé

Il faut le dire avec justesse : la routine n’est pas l’ennemie. Elle a apporté des choses belles. Elle a rendu le soin accessible. Elle a transmis des gestes à grande échelle. Elle a aidé beaucoup de personnes à retrouver une forme de stabilité, surtout quand on a été longtemps coupé·e de ses repères.

Mais la routine peut aussi devenir une injonction déguisée. Elle peut transformer le soin en performance. En check-list. En discipline qui culpabilise. Et là, quelque chose se ferme : on ne s’écoute plus, on obéit. On ne choisit plus, on applique. On ne se rencontre plus, on exécute.

La présence ne supprime pas le cadre. Elle lui redonne une âme. Elle permet de garder une structure sans perdre le vivant.

 

Une nuance essentielle : présence ne veut pas dire “faire plus”

La présence n’ajoute pas des étapes. Elle n’allonge pas les routines. Elle ne demande pas d’acheter plus, ni de faire mieux. Au contraire : elle peut simplifier.

Parfois, être présent·e, c’est décider de ne pas surcharger. De ne pas multiplier les couches. De ne pas “forcer” un résultat. C’est accepter que le soin ne soit pas un chantier, mais une conversation.

La présence est un luxe discret : le luxe de ne pas se violenter.

 

Kanfura : raviver le soin habité, sans nostalgie figée

Chez Kanfura, nous ne cherchons pas à opposer les mondes. Nous cherchons un pont. Un pont entre la beauté moderne et la mémoire des gestes. Entre la clarté des connaissances d’aujourd’hui et la sagesse sensorielle d’hier.

Ce que nous voulons raviver, c’est une qualité de relation : au corps, au temps, à la matière. Un soin qui n’a pas besoin de prouver. Un soin qui ne crie pas. Un soin qui tient dans un geste simple, répété non pas parce qu’il faut, mais parce qu’il fait du bien.

Et pour celles et ceux qui portent beaucoup — émotions, responsabilités, attentes — la présence peut être un retour : non pas vers une version “améliorée” de soi, mais vers une version plus vraie, plus respectée.

 

Habiter plutôt que tenir

Et si le soin n’était pas une routine à maintenir, mais un espace à habiter ?

Habiter un geste. Habiter un parfum. Habiter un silence. Habiter une minute, même courte, où l’on revient à soi sans se demander si c’est “assez”.

La routine peut structurer. La présence peut réparer. Ensemble, elles peuvent devenir un soin juste : un soin qui respecte le vivant.

  • 🌿 Cheveux : ajuster le geste au jour (hydratation, protection, repos) plutôt qu’imposer une séquence fixe.
  • 🌞 Peau : nourrir sans corriger, soutenir les cycles, écouter les variations saisonnières.
  • 💫 Général : remplacer la performance par l’attention — un soin qui apaise au lieu d’exiger.
« La présence n’exige pas d’être parfaite : elle demande seulement d’être là, avec douceur. » — Kanfura

 

Pour aller plus loin

Chez Kanfura, chaque plante raconte une histoire.
Une histoire de soin, de beauté et de mémoire africaine.


Réactions (0)

Aucune réaction pour l’instant. Soyez le premier à partager la vôtre 🌿

Laisser une réaction